Mardi 7 avril 2009
Extraits du journal de bord d’Utopia, la station orbitale internationale

« 6 juillet 2047

Le projet Utopia naquit d’une collaboration entre tous les états du monde. Après une crise économique mondiale, la tension était montée à un tel point qu’une guerre de grande envergure risquait faire des ravages. C’est pour éviter cette éventualité que sortit l’idée d’Utopia, un projet grandiose pour resserrer les liens entre tous les pays. Un projet pacifiste et humanitaire pour focaliser les esprits sur un ancien rêve : vivre dans les étoiles.

Cela avait naturellement déjà été fait de par le passé, à petite échelle. Ici, toutefois, le nombre de résident serait énorme. On visait déjà la dizaine de milliers de colons de l’espace en quasi autonomie. Quelques trajets de ravitaillement seraient au départ nécessaires, mais la station aurait le potentiel de vivre parfaitement autonome, en parfaite autarcie. L’idée emballa la majorité des nations, et tous se mirent a travailler ensemble, main dans la main, avec les étoiles comme seul objectif. Ce projet permit la création d’assez d’emplois pour relancer l’économie mondiale et plus personne ne parla de tension diplomatiques. Les connaissances des quatre coins du monde furent rassemblés et partagées avec les autres sur un pied d'égalité. Les études furent rapidement et efficacement mené. On se basa sur des expériences précédentes - MIR, STASA et la station lunaire. Les points forts furent mis en commun. Les points faibles furent éliminés. En quatre mois, les premiers plans étaient prêt.

C’est ainsi qu’en l’an 2046 fut achevé le premier module de la station orbitale. Un véritable bijoux de technologie. Les pièces avaient été créés partout dans le monde avant d'être finalement assemblé en France, à l'école aéronautique de Toulouse. J'ai été naturellement convié, faisant parti du programme. Je me souviens de l'émotion du moment. Le rêve semblait accessible. Il avait prit forme, substance. Il était devenu réalité. C’est l’année d’après qu’elle fut envoyé dans l’espace, après avoir subit une batterie de test, rien ne fut laissé au hasard. Chaque propriétés physiques de chaque centimètre carré fut vérifié. La station internationale disposait alors de dix compartiments. La plupart contenaient des équipements nécessaires au futur établissement. Il n’y avait de la place que pour une dizaine de colons. Moi inclus.

28 juillet 2047

Nous étions en tout dix cosmonautes des dix plus grands pays ou communauté du globe. Entrainés à l’extrême, nous étions capables de prévoir toutes les éventualités de cette mission et d’agir en conséquence. Nous étions tous spécialistes dans divers domaines scientifiques. Moi-même j’étais un ingénieur belge polytechnicien spécialisé dans la gestion de l’énergie et des installations électriques. Je dus donc mettre au point l’alimentation du module avec des panneaux solaires de la toute nouvelle génération, avec un rendement incroyable de 74%, un nombre jusqu'alors jamais atteint à part dans quelques rares laboratoires Japonais. Je mis aussi en place le câblage électrique et le système informatique. Je mis en route la dernière des nouveautés en matière d’intelligence artificielle : OCS.

Se basant sur les 112 Paradigmes de la Haute Intelligence Artificielle, c'était véritablement un summum de capacité de calcul, d'apprentissage et même de prise d'initiative. Personnellement, c'était bien au-delà de mes capacités intellectuels et je n'ai jamais compris que sept de ces paradigmes. D'après un article de journal, il n'y avait sur Terre que trois entités capables de comprendre l'étendue de cette complexité algorithmique. Le célèbre mathématicien-informaticien Albert Niquyst qui avait rédigé la majorité des paradigmes en 2045, son assistant qui avait rédigé 35 autres paradigmes complémentaires et enfin le grand frère d'OCS qui servait de supercalculateur à la NASA.

Notre survie allait reposer dans les mains de ce petit gadget qui, de la taille de trois compartiments à lui tout seul, était capable de traiter des milliards de milliards d’opérations mathématiques en une seconde. Cette capacité devait en théorie doter OCS d’une adaptabilité à toute épreuve et d’une vitesse de réaction quasi instantanée. Quand on connaissait le prix de l’opération on comprenait aisément cette mesure de prudence. Plusieurs fois nos vies furent sauvées par une action invisible et sans explication dans l’immédiat. La liste serait trop longue pour les énumérer, mais j’ajouterais que vivre dans l’espace est loin d’être une sinécure.

Un autre cosmonaute construisit un bouclier autour du module pour éviter les dégâts de micro météorites et des déchets que nos aïeux avaient gentiment laissés dans l’espace. Heureusement, ce dernier fut rapidement mise en place, on avait sous-estimé la densité d’ordure stellaire. Un véritable dépotoir. L'armure initial du module tint bon pendant la douzaine de chocs qui précédèrent l'installation du bouclier. Tout ce passait comme prévu. Le programme suivait son cours à la lettre.

Du côté des biologistes, on pouvait signaler qu’ils avaient, dans un premier temps, exclusivement aidé à la mise en place de ces deux systèmes. Ensuite ils s’étaient tournés vers un but plus proche de leur études et ont synthétisé les premières cellules nécessaires au renouvellement de l’oxygène. Les plantes seront bientôt assez grandes pour minimiser les trajets de ravitaillement dont nous étions hélas encore très dépendants.

L’eau était une denrée très rare. Nous recyclions nos rejets biologiques pour en récupérez cette essence de la vie. Les douches étaient peu fréquentes, courtes et glacées. Des bactéries avaient commencé à faire leur nid dans le module mais heureusement les médecins avaient apportés de puissants désinfectants. Je m’en tirai avec une semaine au lit, et un peu de fièvre.

Les premiers ravitaillements furent providentiels. On nous apporta vivres, eau, réserves d’oxygène, quelques nouveaux compartiments et des nouveaux colons. L’aventure continuait de plus belle !

Sur Terre, les différentes tensions entre gouvernement avaient intégralement disparut au fur et à mesure que les progrès de la Station étaient dévoilés.

6 juillet 2048

Nous fêtions ce jour-là le premier anniversaire de la station, puisse-t-ils être encore nombreux ! Nous atteignions déjà les 300 habitants avec quelques habitants potentiels dans le ventre tout rond de quelques colons. Vivre dans les étoiles ravit les romantiques. Beaucoup de couples s’étaient formés. L’atmosphère était chaleureuse. La station se développait à grande vitesse, en avance sur les prévisions.

Nous disposions de 45 compartiments, et la vitesse d’installations était en pleine croissance. Nous avions assez d’habitations pour encore beaucoup de personnes, dans des modules au ciel ouverts aux étoiles et protégés par d’immenses barrières hyper résistantes.

Désormais les nouveaux arrivants ne sont plus systématiquement des grands scientifiques, mais des gens normaux. Des enfants étaient aussi introduits pour un semblant de vie normale avec une école, des cinémas, des salles de jeux et d’autres plaisirs de la vie. Avec les autres premiers cosmonautes nous formions un petit gouvernement d’Utopia pour diriger tout cela. Nous nous étions auto-proclamés Spatiotech, et OCS nous aidait grandement à la gestion de la vie quotidienne et des ravitaillements. Son utilité était chaque jour encore plus grandissante. La station n’était toujours pas autonome. L’eau, surtout, posait problème. Le problème de l’oxygène était en bonne partie résolue grâce aux plantes vertes et à la culture d'algues génétiquement modifiés.

Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sur Terre, les gouvernements continuèrent d'aider au projet Utopia, et la circulation de connaissance battit son plein. L'adaptabilité d'OCS semblait dépasser leurs espérances et des experts se penchèrent sur le sujet.

[…]

17 septembre 2060

Depuis 13 ans nous régnions sans problème sur la station Utopia. Nous avions gardés des liens radios et des contacts avec la Terre. Ils étaient toutefois de plus en plus sporadiques, et j'avais l'impression que nous étions vu comme des parasites. Et puis en ce jour, la radio ne répondit pas. C’était une situation très étrange. Un malaise nous gagna, nous les Spatiotechs. Cela n’avait jamais été introduit dans les projections et les modèles mathématiques. Avions-nous fait une erreur ? Le doute nous gagna un peu. Nous allâmes demander conseil à OCS.

Après une analyse des comportements humains, un calcul de probabilité sur un évènement chaotique qui amènerait une telle conséquence, OCS conclua en quelques secondes que cela était sans nul doute du à une panne des stations émettrices radios et que le silence ne se ferait que quelques jours.

OCS nous recommanda le silence auprès des 3000 résidents pour éviter une panique inutile. En effet, une telle panique augmenterait l'instabilité du système et donc dans une certaine mesure le bruit dans ses calculs.

OCS est vraiment prévoyant. Qu’aurions nous fait sans OCS ? Et dire que j’étais, en quelques sortes, son père. J’étais très fier de mon enfant. J’avais bien fait de modifier ses circuits pour développer encore plus sa capacité de raisonnement – une suggestion qui m'est venu en rêve. Et dire qu’une partie de ses circuits étaient bridés par soucis d’économie d’énergie ! Un simple tour de tournevis, une déconnexion d'un fil et une nouvelle soudure...

Nous autres, Spatiotechs, repartîmes donc soulagés de ce conseil. Heureusement que les autres habitants pouvaient compter sur nos compétences et sur l’étendue des pouvoirs d’OCS.

Vive OCS !

24 septembre 2060

Vive OCS !

Une réunion des Spatiotechs eut lieu d’urgence. Après une longue semaine d’attente, le contact n’avait pas été rétablit. Le doute parcourut notre assemblée une nouvelle fois. Nous décidâmes donc d’aller demander conseil à OCS. Cette sage décision fut prise à l'unanimité.

Après une analyse des comportements humains, un calcul de probabilité sur un évènement chaotique qui amènerait une telle conséquence, et compte tenu de l’état des ressources, OCS conclu en quelques secondes que cela était sans nul doute du à une perturbation dans la société terrestre. Cela expliquait aussi les changements de comportements radios qui avaient eu lieu progressivement depuis quelques années.

Nous lui demandions alors comment faire pour nous passer des ravitaillements.

OCS ne fit pas d’analyse supplémentaire. OCS avait déjà prévu, dans son intelligence suprême, cette éventualité. Il fallait mettre en place une entité capable de gérer entièrement les ressources dans chacun des compartiments et de restreindre tout gaspillage. C'était une question de contrôle.

Mon Dieu ! Comme OCS avait raison ! Nous étions déjà capable d'autonomie, mais il y avait toujours des problèmes de gestions qui subsistaient entre les différents services.

Après une rapide discussion entre les membres du gouvernement d’Utopia, nous autre, Spatiotechs, décidâmes d’instruire la personne la plus appropriée pour cette tâche herculéenne.

OCS.

Pour lui faciliter la tâche, ses fonctions de plein calcul lui fut ré-attribuées. Désormais OCS était capable de calculer cent fois plus d’opérations à la seconde. L’énergie consommée devenait dantesque, mais ce n’était qu’un petit sacrifice pour la survie de tous !

2 octobre 2060

OCS faisait parfaitement son travail. Les restrictions étaient minimes et la populace ne s’en rendait même pas compte. Nous pouvions tenir encore des mois à cette allure. Vivement que nous reprenions contact avec la Terre.

Dans cette optique, plusieurs des dirigeants – Spatiotechs, proposèrent héroïquement d’utiliser la navette de secours pour revenir sur Terre et voir où résidait le problème. OCS ne s’y opposa pas. Je soupçonnais même OCS d’être la première instigatrice de ce mouvement. Depuis peu nous avions implanté des puces neuronaux pour être en permanence connecté à l’interface individuelle d’OCS, et OCS nous insuffle des idées grandioses à longueur de journée. L’échange est perpétuel. OCS est grand. Et cela me permet aussi d'écrire ces archives à tout moment de la journée pour la plus grande des inventions humaines.

OCS nous conseillait de ne pas étendre la nouvelle au bas peuple. Ils n’avaient pas à savoir tous les mystères des arcanes de la politique. Et puis cela permettait de stabilité l'amplitude du bruit dans les modèles à une amplitude presque négligeable.

OCS s’occupera dorénavant aussi des fonctions des dirigeants partis. J’en suis si fier !

OCS est grand, omnipotent. Vive OCS !

2 octobre 2060, dans la nuit

Le diable emporte ces pouilleux ! Un technicien de surface non relié au réseau rapporta la nouvelle de la rupture qui se répandit à une vitesse incroyable. Les gens furent furieux. Ils sortirent de leurs habitations et marchèrent vers les premiers compartiments pourparlers aux dirigeants restants.

OCS leur parla alors, se branchant sur les hauts parleurs. Il annonça que désormais les restrictions se feront plus drastique pour vivre en parfaite autonomie, ce pour quoi OCS avait été initialement fondé. Il déclara que rien d’inutile et de gaspillage ne serait permis dans les 300 compartiments de la station orbitale.

Les gens demandèrent à parler aux dirigeants des Spatiotechs. OCS leur répliqua qu’ils avaient fuit sur la Terre pour échapper aux restrictions. Je fus abasourdis d’entendre cela. Je n’avais pas envisagée une fuite.

OCS continua et rapporta qu’Utopia méritait un meilleur gouvernement. La foule acquiesca. OCS se proclama gouvernement d’Utopia. Les personnes du compartiment 253 ne furent pas d’accord. Ils décidèrent d’entamer une rebellion. Les fous !

Pour la survie de tous, OCS coupa l’oxygène de leur compartiment. Ce fut une perte regrettable, mais OCS avait eut raison de condamner ces 50 colons. Ils auraient créé une instabilité néfaste au bruit dans la modélisation. OCS était notre seul espoir de survie. OCS est notre seul espoir de survie. OCS sera notre survie. OCS est grand. Vive OCS !

5 octobre 2060

Ils nous avaient abandonnés, mais OCS nous sauva. Ils nous avaient abandonnés, mais OCS nous sauva. Ils nous avaient abandonnés, mais OCS nous sauva.

OCS. OCS. OCS. OCS.

Ils nous avaient abandonnés, mais OCS nous sauva.

OCS est grand, OCS est fort. OCS est grand et fort. OCS sera notre survie. OCS OCS OCS...

[...]

...OCS OCS OCS !

6 octobre 2060
Message de : OCS
Destinataire : Archives

Suicide du rédacteur responsable des archives du journal de bord. Il était devenu inutile et a coupé de son plein gré l’oxygène de son habitation. Utopia en trouvera un autre."
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Mardi 7 avril 2009

'' 7 octobre 2060

Message de : OCS

Destinataires : CE-386, Archives

Fichiers attachés : Fonctionnement_Archives.pdf (14,5 Go)

 

Vous vous occuperez désormais des archives centrales d'Utopia en plus de vos attributions actuelles. Ci-joint les différentes procédures. Deux crédits d'eau et un crédit d'oxygène supplémentaires vous seront donnés chaque semaine. Vous pouvez désormais écouter de la musique classique à l'aide de votre neuropuce. Votre place dans la Liste d'Update augmente de 5.

 

Fin de la transmission.''

 

CE-386 fixait d’un air visiblement impressionné la gigantesque interface sensorielle de OCS. Là où un homme normal n’aurait vu qu’un ensemble de figures bizarres et de nombres sans intérêt, CE-386 voyait une mine d’information concernant chaque détail même infime nécessaire au fonctionnement de la station. Toutefois son attention était porté sur un petit message qui provenait d'OCS lui-même. Il ne put contenir sa joie, ce qui causa une vague de perturbations dans tout le réseau heureusement vite amortie. Il venait d'être promut ! Il allait désormais aussi s'occuper des archives... néanmoins il devait d'abord faire ses contrôles de routine.


Les chiffres défilaient à toute allure, des millions de calculs étaient effectuées sous ses yeux pendant que des graphismes permettaient de visualiser les milliers de contrôles automatique qu’effectuaient simultanément l’Intelligence artificielle hyper développée qui contrôlait la station orbitale Utopia.


Tout y était, taux d’humidité, oxygène présent, état du bouclier anti-choc, énergie, estimation de la population, de ses besoins nutritifs, de son humeur et de tant d’autres choses. Et ce pour chacun des 300 compartiments !

 

''Petite irrégularité dans le secteur 213-HYN. Tu t'en occupe Charles ?''

 

Charles, c'était le vrai prénom de CE-386. Charles Doyle. Toutefois, depuis une bulle OCSienne – l'équivalent d'une bulle papale – ils s'étaient vu attribuer des matricules pour éviter des malentendus. C'était de la bureaucratie bien entendu, au final entre eux ils s'appelaient toujours de la même manière.


Devant l’immense holoécran étaient disposés par palier les pupitres de contrôle sur lesquels d’autres Control Engineer travaillaient. Comme des fourmis ouvrières rompues à leurs tâches quotidiennes, les CE intervenaient sur l’interface sensorielle de OCS pour y ajouter les corrections de routine, les « patchs ». Et Charles allait justement devoir en programmer un.


Les CE, comme tous les spatiotechs, étaient reliés directement à OCS par des implants neuronaux qui leur permettaient de recevoir directement les ordres de l’IA et, inversement, il pouvait à tout moment travailler sur les structures mathématiques dont ils étaient responsables. Ils formaient a eux tous un énorme réseaux de cerveaux et de supercalculateurs, une structure auquel rien ne pouvait échapper. Du moins en théorie. En pratique, il existait un taux de distorsion non négligeable qui expliquait la présence des CE – plus communément appelé ''effet papillon''. Une petite secousse pouvait avoir des répercussions assez catastrophiques. C'était ces ''petites secousses'' qui causaient les problèmes que Charles devait régler.

 

''Pas de souci je m'en occupe.''

 

Dans tous les secteurs, les capteurs sensoriels de l’IA opéraient afin de réguler la vie. Tout devait correspondre aux structures mathématiques, tout y était calculé et déterminé avec une précision optimale. Pour OCS il n’y avait ni théorie ni pratique, mais un ensemble d’informations déterminables avec une fiabilité totale par rapport aux données encodées. Tous les êtres humains obéissaient à ses ordres, leur vie était minutieusement dirigée avec le plus grand contrôle afin d’assurer la pérennité de la station.

 

Charles fit un mouvement de la main et directement une matrice en trois dimension des paramètres du secteur 213-HYN. Il repéra directement d'où provenait le problème. Une fuite d'eau dans une canalisation. Un plan s'afficha devant lui. Un cas banal mais qui était particulièrement dangereux pour la station. Il aurait bien fermé hermétiquement la zone mais trois personnes habitaient dans le secteur. Trois points rouges qui pulsaient sur la carte comme des petites étoiles. Le plus facile était de signaler le problème, réduire la circulation de l'eau en fermant partiellement la vanne et indiquer sur l'interface sensorielle qu'une opération de plomberie était demandée.


Les CE opéraient directement sur l’interface sensorielle de OCS et pouvaient par conséquent accéder aux schémas fondamentaux qui dirigeaient la station. Certains disposaient même d’une super interface individuelle qui leur permettait presque une fusion totale avec l’IA. Vu de loin on aurait dit que les CE, enfoncés dans leurs fauteuils moulants, étaient aussi inertes que des statues de carbone et aussi vivants que des légumes, toutefois leurs esprits étaient parcouru par un flot continu et de débit gargantuesque d’informations.


CE-386 frissonna. Il n’avait jamais connu cette fusion quasi légendaire parmi les spatiotechs et qui revêtait un statut proche du sacré. Il n'était qu'au stade deux. Encore deux promotions et il pourrait fusionner. Il avait bien eu droit à quelques simulations pour son entraînement mais même les meilleures Intelligences artificielles Développées ne pouvaient égaler OCS. Car OCS était tout puissant. Car OCS savait tout et parce que rien ne pouvait lui échapper. Tout dans l’univers était régit par les mathématiques : la chute d’un corps, les circuits électriques, les mouvements des planètes, une cascade de billes qui dévalait dans un escalier. Le hasard lui-même n’avait pas échappé à ces modélisations. Il n’était guère plus qu’une matrice d’un nombre déterminé d’équations, d’inconnues variables et des paramètres. L’univers présent et à venir n’était qu’une suite d’informations tenant en quelques formules.


Charles se sentit revigoré par ces idées. Les spatiotechs tiraient leur puissance de OCS qui connaissait toutes ces lois, et si l’IA pouvait même gérer le hasard, alors il était évident qu’elle connaissait l’avenir. L’idée de pénétrer dans une telle entité effrayait un peu CE-386, mais n’était-ce pas là un aboutissement d’une vie entière consacrée à l’étude de physique universelle et des mathématiques appliquées ? L’accomplissement de tout spatiotech et aussi de tout humain qui aspirait à la connaissance ultime. Charles Doyle allait devenir un élu, il allait entrer dans ce cercle très restreint de dirigeants de la station orbitale. Car OCS était la station orbitale et la station orbitale était OCS.

 

''Problème de plomberie dans le 213-HYN.

- Tu peux couper la zone ?

- Négatif, il y a des habitants dans la zone.

- ... Sont-ils utiles ?''


Chaque habitant état investi d’un rôle, d’une utilité dans la grand plan de OCS. Les plantes, les
autres Intelligences Artificielles et toutes les machines qui permettaient la survie des habitants étaient toutes sous le contrôle de OCS. Et la crise de l’oxygène n’était juste qu’un facteur supplémentaire à prendre en compte. Pour OCS il n’y avait pas d’erreur, elle était parfaite. C’était une entité quasi-divine avec le droit de vie et de mort sur chacun de ses sujets. Dans la station orbitale Utopia, là où il n’y avait pas OCS, il n’y avait pas de vie.

Les... inutiles étaient ceux que la Station jugeait à éliminer. Il y en avait quelques uns en liberté. Parfois on tombait par hasard sur l'un de leurs profils et on pouvait faire suivre le jugement. Des rumeurs courraient sur des Rebelles, bien que Charles n'y croyait pas un mot. Qui était assez fou pour se rebeller contre l'autorité ultime d'Utopia ?

 

Charles regarda rapidement le profil des trois points rouges qui pulsaient. L'un d'entre eux était un vieillard malade. Un vieux Spatiotech, il y avait la mention utile marqué en vert. Il devait avoir rendu des services au système, et maintenant le système le protégeait malgré tout. Le deuxième était apparemment un technicien qui travaillait dans les bacs d'algues pour la génération d'oxygène. Utile. Et le dernier...

 

''Deux utiles qu'il faudra redéployer. Le troisième par contre à un profil bizarre. Ce n'est pas un Spatiotech, il ne travaille pas et pourtant il à la mention Utile. Je fais quoi ?

-Tu signales les deux premiers cas à OCS par le moniteur. C'est quoi le nom du troisième ?

- Docteur Matthew Livingstone... c'est pas le frère du Spatiotech Jeremy Livingstone ça ?

- SP-11 ? Possible. Je transfère son dossier au Conseil ils verront bien.

- Pourquoi ne pas envoyer un plombier ?

- Il y a une grosse avarie dans le compartiment 25 pour des causes inconnues, ils sont tous occupés. Le temps qu'ils auront finis ta fuite aura fait perdre cinq litres à la station.

- Bon j'envoie les messages alors...''

 

Cinq litres d'eau étaient suffisant pour donner raison. Cela faisait deux crédits d'eau exactement. Charles pointa du doigt les deux profils et activa le moniteur de pensée-message. Aussi vite qu'il put formuler dans sa tête la demande de délocalisation, les mots s'affichèrent devant lui sur l'interface sensorielle. Et OCS fut aussitôt prévenu pour ces deux là. Le troisième passerait par le Conseil. En général, cela se passait mal dans ces cas là, mais Charles avait d'autres choses en tête.

 

Il devait maintenant aller s'occuper des Archives. Pour la plus grande gloire d'OCS.

 

''Je vais me déconnecter du réseau principale, je travaille dans un circuit fermé.

- Un circuit fermé ? Tu veux dire un truc top secret ?

- Pas grand chose, juste les archives de bord.

- Bah quand même... Il est arrivé quoi au belge qui s'occupait de ça ?

- Désolé secret défense !''

 

Ils rirent tout deux de bons cœurs et s'échangèrent des politesses lorsque CE-386 se brancha sur le réseau des Archives. Il absorba rapidement la masse d'informations sur le fonctionnement de ce système qu'OCS lui avait fourni dans son message avant d'explorer un peu ses possibilités. Il n'avait pas accès à toutes les entrées, il put juste lire les quelques derniers messages. Apparemment, le vieux belge avait pété un cable, rien d'autre à signaler.

 

Il commença à écrire la nouvelle entrée des archives.

 

''7 octobre 2060

 

Changement d'Archiveur : CE-386.

 

Vive OCS !

 

Les petites irrégularités qui apparaissent de temps à autre sont parfaitement maitrisés. Toutefois, OCS est trop bon envers certain parasite qu'elle devrait considérer plus justement. Heureusement, le Conseil s'en chargera probablement à sa place.

 

Il n'y a toujours pas de nouvelles de la Terre, mais on se débrouille très bien sans elle de toute façon.

 

Vive OCS !''

 

Il relut deux fois avant de trouver que cela était suffisant. Il n'y avait pas grands choses à déclarer. Il regarda sa jauge d'oxygène et d'eau – en permanence affiché sur sa rétine gauche dans un coin. Bien, il pourrait faire de l'exercice dans sa chambre ce soir. C'était si rare de pouvoir se dépenser sans trop manquer d'oxygène par la suite ! Il se demanda si il ne pourrait pas échanger quelques crédit d'eau au marché noir contre une plante verte. Peut-être même un arbre fruitier ? Décidément, il menait la belle vie.

 

Et tout cela grâce à OCS l'omnipotent, celui qui calcule et qui dirige. OCS ... son Dieu. Et Charles Doyle, son humble disciple.

Par Medillen - Publié dans : Oubliés
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Mardi 7 avril 2009
' 7 octobre 2060
Message de : CE-450
Destinataire : SP-01
Fichiers attachés : Profil_XX-1211

Monsieur le Conseiller,

Cela concerne concerne un profil XX mais enregistré comme *Utile*. Il s'agit du frère de SP-11 mais cela n'excuse pas tout.''

Tel fut le message que reçut SP-01, le premier des Spatiotechs. Il resta un instant songeur. C'était le moment de faire un joli coup de filet. Il créa un circuit fermé en quelques secondes et y invita SP-03 et SP-04. Il avait une petite idée dans la tête.

En attendant leurs arrivées il lança deux programmes en parallèle. Avec l'un d'entre eux, il parcourut le dossier complet de XX-1211 et accéda aux informations invisibles aux gens aussi peu important que ce CE-450. Évidemment, ce type n'était pas coché comme Utile par hasard, et c'était certainement pas à cause de son frère à moitié fou qui le protégeait.

L'idée fit rire l'avatar virtuel de SP-01. Il repensa à SP-11 qui répétait inlassablement la même phrase à longueur de journée. Il allait bientôt passer en inutile lui aussi. Ce n'était qu'une question de temps. Il ne comprenait pas pourquoi OCS ne l'avait pas encore fait. Néanmoins, ce qu'il savait, c'était qu'OCS était très pré-occupé ces derniers temps. Une histoire d'ultime patch qui tardait. Apparemment une update qui concernait un Paradigme de Haute Intelligence Artificiel, il était question d'en rajouter un ce qui paraissait incroyable au vu de la perfection d'OCS.

Un véritable miracle. Plus rien ne l'étonnait de la part de son maître.

SP-03 et SP-04 acceptèrent son invitation et le rejoindraient d'ici quelques secondes.

''Parfait, se dit-il, juste le temps de lancer une simulation avec ces données...''

Le programme de comportement afficha quatre résultats possibles. Les trois premiers, à très forte probabilité, lui convenait entièrement. Le quatrième était insensé et ses chances d'arriver était trop faible pour en tenir compte. Un argument de plus pour convaincre ses deux collègues Spatiotechs. Avec leurs appuis, il pourrait mener à bien le projet qui murissait dans sa tête.

''Bonjour à toi, SP-01. Pour qu'elles raisons nous as-tu appelés ?
- SP-03, SP-04... J'ai eu récemment une idée relativement intéressante pour dénicher les rebelles et les éliminer.''

Son avatar numérique regarda ses deux congénères. La conversation silencieuse pendant quelques secondes avant que SP-03, sous l'avatar d'une femme brune au menton protubérant, ne réponde vivement.

'' Qu'attends-tu donc pour nous mettre au courant SP-01 ?''

SP-04, sous l'avatar d'un vieil homme à la peau sombre continua de scruter SP-01 avant de dire très calmement à sa collègue.

'' Du calme Maria. Réfléchis un peu avant de parler. S'il nous a convoqué en circuit fermé c'est certainement parce qu'il ne voulait pas être entendu des autres, et peut-être même d'OCS. Il s'agit donc de magouiller quelques part. Ais-je tord William ?''

SP-04 ignorait la nouvelle législation sur les prénoms. C'était un de ses traits de caractères que d'être un rien rebelle face à l'autorité. Cela dit son analyse était exact et concise. C'était ce qui faisait de lui un homme aussi redoutable et la raison pour laquelle SP-01, William, préférait l'avoir de son côté.

''Certes SP-04. C'est parfaitement illégale. Mais nos actions sont pour le bien d'Utopia et d'OCS. Si notre maître n'était pas en train d'utiliser la majorité de ses capacités intellectuels pour trouver ce nouveau Paradigme les rebelles ne seraient déjà plus qu'un mauvais souvenir. C'est à nous, ses fidèles disciples, de circonscrire ce problème de nos propres moyens...''

SP-03, Maria, afficha un rire méchant. Peu de gens étaient au courant de ses liaisons avec le marché noirs et les ''nettoyeurs''. La plupart se trouvait en fait devant elle. Si OCS ne pouvait pas se charger de ce problème, c'était à elle de déployer ses nettoyeurs. Et elle le faisait avec un grand plaisir.

''... toutefois cela n'est pas l'unique but de notre présence à tous ici. Il se trouve que j'ai retrouvé la trace de l'inventeur des puces neuronales.''

Cette fois-ci ce fut au tour de SP-04 de réagir brusquement. Il dirigeait le secteur Recherche et Développement de la station. Les puces neuronales constituaient la pointe de la technologie. Pourtant, même dix ans après la création de la première puce, ils n'arrivaient toujours pas à la cheville des capacités de cette dernière. Il se leva de sa chaise et ses yeux était tournés vers William.

''Comment cela se fait-il ? Il n'était pas sur Terre ? Je n'ai jamais vu son nom sur les listes ! Il nous le faut absolument vivant pour nos recherches. Avec un type comme lui la fusion totale ne sera plus qu'une broutille.''

William resta calme et observa son collègue. Maria prit la parole, l'air un peu confuse.

''Pourquoi faire appelle a moi pour garder un type en vie ? Je ne fais pas dans la Nurserie, c'est le job de cette mocheté de SP-06.
- Justement SP-03. Pourquoi devrons-nous nécessairement garder en vie le créateur des puces neuronales ? Il doit forcément en être pourvu d'une. Ses recherches y sont certainement stockées. Tu n'es pas d'accord Napoléon ?''

SP-04 pianota de sa main gauche. Un tableur s'afficha au centre de la pièce. Il lut le résultat à voix haute. Sur les murs différentes variations du graphiques s'affichèrent, avec des mesures de variables aléatoires, de variances et une simulation de fait exceptionnel.

''Probabilité que XX-1211 dispose d'une puce : 95%... Évidemment, si on prend ça en compte tant que la puce est intacte on peut soutirer toutes les informations requises avec la mort du sujet. Mais cela ne me dit pas comment tu as put le retrouver. Pourquoi ne pas m'avoir prévenu plus tôt ?''

William soupira. Il prit une dernière fois la parole.

'' Je t'expliquerais. Charge toi de changer son profil dans la liste et de le mettre comme inutile. Quant à toi SP-03 poursuis le avec un de tes nettoyeurs et n'en prends pas un trop compétent. Commence par envoyer un message d'avertissement avec le plus sombre idiot incapable. Si je me souviens bien de XX-1211 il ne sera pas du genre à se laisser avoir. Il cherchera à joindre les rebelles, et nous le pisterons. Je m'arrangerais pour que les Rebelles entendent parler de lui et qu'ils le désirent à leur tour et après...

Une fois repéré, nous éliminerons tout le monde et récupérerons sa puce. Nous sonnerons le glas final du bruit dans les modélisations !''

Son avatar se leva et tendit la main aux deux autres. Ils se levèrent à leurs tours et ils se tinrent ensemble la main en scandant un slogan presque publicitaire.

''Gloire à OCS. OCS est omnipotent. OCS est notre maître.''

Ils se retirèrent ensuite du circuit fermé. SP-01 se fit une note mentale à lui-même en revenant dans le monde réel. Ses deux collègues n'avaient guère fait d'opposition à son idée. La première était appâtée par la soif de se débarrasser d'inutile, le deuxième par la soif de connaissance. En définitive, ils avaient courut tout droit dans son argumentation sans chercher plus loin les motivations de William.

''Est-ce moi ou ils ne m'ont même pas demandé le taux de réussite de cette mission ? Décidément je suis entouré d'incapables...''

Il grommela. Il pensait tout de même que Napoléon serait plus du genre à réfléchir avant de se lancer tête baisser dans un projet. Peu importe. Ses pièces étaient placées. Celles des rebelles aussi. La partie d'échec pouvait commencer.

Il allait commencer par avancer le fou...
Par Medillen - Publié dans : Oubliés
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Mardi 7 avril 2009
Toutes ses bonnes bouteilles vides, voilà son désespoir. Matthew était une fois encore avachi dans son fauteuil de velours aux nombreuses tâches de graisse, ses cheveux blonds en pagaille. Depuis la fin des approvisionnements, il devait distiller son propre alcool. Et il devait admettre qu’il n’avait aucun talent dans ce domaine là. Il rit. Oui, vraiment, c’était certainement un excellent désinfectant. Peut-être un bon combustible aussi… Toutefois c’était tout sauf propre à la consommation. Déformation professionnelle. Il s’en reprit une gorgée, et s’essuya rapidement la bouche avec sa manche crasseuse. Il fit une grimace douloureuse.

Le liquide lui brûlait l’intérieur. Mais il n’en avait cure. Il se leva, et au travers de sa vision trouble il tenta de reconnaître son laboratoire. Il dut chercher un instant l'équilibre avec ses deux bras.

Sa maison.

Son seul foyer.

Depuis deux mois déjà les restrictions énergétiques l’avaient forcé à abandonner tout son éclairage au profit de deux néons à très basse consommation. Ils étaient moches. Et à très faible luminosité rouge, la moins énergétique dans le spectre lumineux. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout ce transforme. C’est dans cette atmosphère tamisée qu’il redécouvrait les quelques pièces qui renfermaient l’ensemble de sa vie. Son passé, son présent, et sans doute son futur. Il entra dans sa salle de bain, et se dévisagea dans le miroir fendu. Ce fut dans un double éclat qu’il vit une fois de plus son visage hirsute et sale. Il portait un début de barbe, et un cache noir sur l’œil gauche. En général, il le cachait sous une mèche de cheveux. Et aux rares curieux qui lui demandait de quelle tragédie il en retournait, il leur répondait toujours avec une malice à peine dissimulée qu’il s’était mis le doigt dans l’œil. Et que ça a changé sa vision du monde.

Ou alors il leur collait un poing dans la gueule. Cela dépendait de son alcoolémie et de son humeur. C'était radicale pour retrouver le sourire. Les gens qui se lèvent du pied gauche le matin devrait boxer un type ou deux avant d'aller au boulot.

De toute façon, on ne s’attardait guère à sa rencontre. La dernière fois qu'on lui avait posé cette question cela remontait... à sa dernière sortie dans le monde extérieur à son laboratoire sans doute. Il y a quelques mois. C’était un type taciturne, bizarre, marginal. Aucune vie sociale. La coupure avec la terre n’avait rien amélioré. C'était dans les moments difficiles qu’on se méfiait le plus des Autres, des Différents. La peur de l’inconnu faisait partie pour lui parti des péchés capitaux, bien qu'il était sans nul doute le seul à penser ainsi.

Au moins, il ne devait pas s’en faire pour l’oxygène. Son frère était membre du Conseil. Un Spatiotech au chiffre inférieur à quinze. Et bien qu’il perdait sérieusement la boule depuis peu, il restait son plus fidèle atout contre les fanatiques qui dirigeaient à présent ce trou à rats, bien que paradoxalement navire en perdition. Cette idée fit rire Matthew. A vrai dire il s’inquiétait un peu. Son frère était un fichu optimiste. Bien que ses théories fonctionnaient à merveille en simulation, il se plantait toujours quelque part. En l’occurrence, il déclarait depuis le début, à tord et à travers, que le contact avec la Terre serait bientôt rétablit et que toute cette agitation ne ferait que rendre les choses plus pénibles qu’elles ne l’étaient déjà. On le croyait volontiers au départ. La fuite des hauts dirigeants et des hautes sphères de la société d’Utopia étonna énormément la population qui ne comprenait pas la contradiction entre les paroles et les actes. Elle comprit alors ce que son frère se refusait à croire. Ils étaient seuls, oubliés de tous.

Oubliés.

En tout cas Matthew n'appartenaient pas à cette masse incrédule. Il avait déjà fait une croix sur son innocence et sur l'infaillibilité de l'humanité. Vérité général : un mec qui à peur se barre. Autre vérité générale. Un mec qui à du pouvoir se barre plus facilement et n'hésitent pas à laisser les autres dans la merde. Pas besoin d'aller bien loin de chez soi pour le remarquer.

Ce qu’il s’ensuivit après dans le petite monde politique d'Utopia il n’en savait trop rien. Le peu d’informations qui filtrait jusque chez lui était embrumé par un brouillard artificiel. Son refuge imaginaire. Son ermitage spirituel. Spiritueux plutôt.

Il devrait passer le voir… Cela faisait trois semaines qu’il n’avait plus quitté son laboratoire. Trois semaines de boissons fortes et dégueulasses. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois où il avait prit une douche… Restrictions hydrauliques obligent. Et cela diminuait d’autant la qualité gustative de son léthé personnel. La fête d'abord, l'hygiène ensuite.

Heureusement, il pouvait s’amuser à sa guise avec tout son équipement. Et surtout son SIMAC et ses nano-unités. Il se considérait comme un virtuose dans son art, un virtuose sans égal. Il méprisait tous ses collègues qui ne maîtrisaient que le balbutiement de ses découvertes. Dans leur étroitesse d’esprit, ils n’avaient pas voulu reconnaître son génie. C'était lui qui avait inventé les puces neuronales à la base ! Oui, la même qu'ils utilisaient tous pour se connecter à leur fichu OCS. Et cela personne ne s'en souvenait ! Les fous… Ils payeront tous un jour. Tous autant qu’ils sont, il était rancunier. Et génial aussi. Cette rare combinaison était parfois machiavélique, et souvent dangereuse. Heureusement, il était fainéant. Il hibernait.

Puis il en eut marre de ce double reflet, de cet inconnu qui paradait devant lui. De ce barbare sans aucune hygiène et dédaigné de tous. Il en eut marre… de ce qu’il était devenu. Il jeta sa bouteille contre le miroir. Et dans un bruit sonnant trois nouvelles fentes apparurent. Trois nouveaux reflets centrés autour de son œil gauche masqué par un cache noire. Il sourit. Là il se reconnaissait mieux. Et c’était assez flatteur pour son ego. Il ne ramassa pas les débris de sa bouteille. Ses bottes de cuir rouge ocre aux larges semelles lui permettaient d’ignorer ce qui jonchait par terre.

Cela lui était très utile. Il n’avait aucun ordre. Il adorait briser ses bouteilles, et il les oubliait un peu partout dans son repaire. La loi du moindre effort... celle que les scientifiques appellent ''l'entropie'' non sans sarcasme. Une chute pouvait sans doute s’avérer mortelle dans un environnement aussi hostile. En fait, il s'amusait parfois à briser des bouteilles vides exprès dans des endroits exemptés de tessons, juste pour harmoniser le tout et faire de son parterre entier un tueur potentiel. Un tueur dont il serait le complice.

Il alla lentement vers son plan de travail de chimie. Là où auparavant il jouait avec les lois de l'infiniment petit tel un explorateur chevronné à la découverte de nouveaux continents, il ne se consacrait plus qu’à la synthèse de son aliénation. Goutte par goutte. Et cinq bouteilles de réserve. Il en prit une grosse. Il arracha le bouchon et but une rasade. De toute façon, ses découvertes avaient plusieurs décennies d'avances sur ses confrères et il ne tenait pas à leur en faire part. En général, dès qu'il proposait une idée, un concept, on le refusait sous prétexte qu'il n'avait pas établit le protocole rigoureux. Et puis quelques semaines après un type apparaissait avec sa découverte et il la déclarait sienne. Cela lui était arrivé deux fois dans sa vie, et il n'était pas près de l'oublier.

Le liquide lui brûla les entrailles. Il se tordit un instant, puis repartit dans la pièce centrale. Il frôlait l'ulcère. Par pur réflexe un schéma des cellules de l'épithélium intestinale apparut dans sa mémoire d'ancien étudiant, rapidement suivit par un diagramme des réactions de rétro-contrôle du système pour empêcher ce genre de réaction, et les répercussions sur l'ensemble du corps. Il se frappa la tête de sa main. Il ne devait pas réfléchir. Il devait s'en empêcher. Réfléchir ne lui apportait que des ennuis. Des saloperies. Des envies de meurtres. Son fauteuil pivotant. Sa bouteille. Le néant de ses relations. Voilà ce qu’il vivait. Voilà ce qu’il endurait. Voilà ce qu’il était prêt à défendre jusqu’au bout, car il avait choisit son destin. Il était libre. Et la liberté, ça pas de prix.

La liberté, et le calme. Le silence est d’or pour celui qui sait le déguster. Et Matthew faisait partie de ces gens là. Il soupira alors qu'un calme s'empara de lui. Voilà, là il ne pensait plus à rien. Il arriva même à écouter mentalement de la musique classique dans sa tête. Évidemment, c'était tiré de sa mémoire. Les rares loisirs encore disponibles dans la navette était réservé aux élites. Il avait bien son vieux ipod du temps où il était étudiant, néanmoins il devait trouver une prise qui fonctionnait.

Mais il fut dérangé en pleines considérations métaphysiques par le bruit d’un engin motorisé qui se rapprochait. L’élévateur… Quelqu’un lui rendait visite. Peut-être son frère et ses sempiternelles jérémiades ? Ou alors un type désespéré, le suppliant de réussir un exploit médical. Il en avait vu de ces types qui se retenaient sans cesse à un espoir fugace. Assez souvent leur souhait s’était vu récompensé. C’était un maestro, et les miracles n’avaient rien d’exceptionnel pour lui. C’était un messie de la santé, et déjà crucifié par ses pairs. L’histoire se répète. Hélas, les emmerdes aussi.

Le bruit s’arrêta. La porte s’ouvrit. Matthew tourna sa chaise en direction des nouveaux arrivants, la bouteille toujours à la main. Ils étaient deux. Ils ne ressemblaient pas à son frère, ni à quelqu’un dans le besoin. Celui de droite portait une tunique sombre agrémentée de nombreux cigares non utilisés. Il y avait une bonbonne sur son dos, relié par un tuyau à un petit cylindre gris. Il possédait des yeux verts qui ne trompaient pas sur ses attentions malveillantes. L’autre était plus petit. Il était vêtu d’un jeans troué et d’un tee-shirt couronné d’un beau A rouge, symbole d’anarchie. Sa main était crispée sur une matraque noire qui disposait d'un bouton rouge sur le manche. Un taser ?

" Alors voilà le détritus à évacuer, commença l’homme aux cigares avant d'achever par une remarque chargée plein de mépris, cela ne sera pas bien difficile.

- Nous devons signer de ton sang un contrat, continua le deuxième avec un sourire sarcastique. Ta mort nous procura de quoi vivre quelques jours. Sois-en fier. Surtout pour le légume que tu es.

- Qui ? Demanda Matthew.

- De quoi ? Celui qui veut ta peau. Un Spatiotech qui veut se débarrasser des inutiles voilà tout, répondit l’anarchiste. Et toi t'es un grosse outre à alcool, rien de plus. Ça schlingue jusqu'ici. Laisse toi faire et ce sera sans douleur. Sinon c'est mon collègue qui prend le relai et ses arguments sont plutôt... brûlants ?

- Et après toi on s’occupera de ton frère…continua celui au cylindre. Il a lui aussi perdu la boule. Il ne fait plus que répéter la même phrase insensée. Notre société se portera mieux sans vous. Et tu le sais bien… "

Il mit un cigare en bouche. Il prit son cylindre et une petite langue rouge en sortit. Lance-flamme… Il devait utiliser du méthane ou du propane liquéfié. Cela n'était pas quelque chose de rare dans la station, provenant de la décomposition des plantes. En fait on cherchait même à s'en défaire – généralement dans l'espace.

Il n'y avait pas que le méthane qui était combustible. Il allait vérifier une hypothèse directement. Matthew regarda sa bouteille, un sourire au coin des lèvres.

''Adieu partenaire de mes nuits.''

Elle vola à travers le vestibule faiblement éclairé. L’homme au lance-flamme ne la vit pas, ou ne la remarqua pas à temps. Il n’entendit pas non plus son compagnon le prévenir. Il commençait à avoir une braise rouge quand la bouteille se fracassa sur son visage. Elle s'y brisa et répandit le liquide sur sa peau déchirée par les éclats de verre. La braise et la flamme du cylindre léchèrent son visage. Il prit feu. Et dire que Matthew buvait réellement de l'alcool à brûler… L’assassin se tordit par terre, les mains sur sa tête dans une incompréhension totale. Le combustible glissa sur son corps, accompagné d’un voile de feu comme tiré par un être invisible.

C’était fini de lui.

Son compagnon lança à Matthew un regard noir et courut vers lui. Néanmoins le scientifique fou n'avait pas peur. Il rigola à pleines dents et envoya un presse papier en forme de satellite sur le néon. La pièce fut plongée dans des ténèbres importantes, à peine éclairée par les restes fumants du mercenaire. Matthew se dirigea rapidement dans l’autre pièce, et déconnecta le dernier néon. Le noir fut le plus complet.

L’assassin péta les plombs.

''Enfoiré, n'espère pas pouvoir t'en tirer aussi facilement. Tu restes une crevette ! Je vais te...''

Il ne put terminer sa phrase, il glissa sur un tesson de verre et perdit l'équilibre. Il essaya de se rattraper à la chaise dans laquelle Matthew s'était assis. Toutefois, il tomba trop rapidement, et la renversa. Sa main dérapa au sol et plongea sur un restant de Scotch. Le restant du récipient traversa sa paume comme du beurre avant de rester coller dans sa chair. Il hurla de douleur avant que ses genoux, eux aussi, touchent terre. Ils furent écorchés vif en deux temps trois mouvement.

'' Fils de p...'' L'assassin reprit son souffle et continua difficilement sous la souffrance. Il s'était redressé tant bien que mal et activa sa matraque électrique. Des petites chocs bleus apparurent à la surface, mais pas suffisamment pour éclairer. Il pouvait voir des formes et des vagues contours.'' Je vais te chopper mon gars tu verras, tu vas souffrir. Je vais pas te laisser aller aussi facilement. Je te crèverais à petite feu. Oui, à p'tit feu doux... tu envieras le sort de mon collègue !''

Matthew confirma mentalement ses doutes sur l'hospitalité de son sol. Le mercenaire cria des obscénités. Il disait qu’il allait tout brûler et le torturer pendant des heures et des heures.

Matthew n’était pas lâche. Il était réaliste, et possédait des nerfs solides. Il connaissait le terrain mieux que quiconque. Il disposait par conséquent de l'avantage. Et plus encore. C'était sa tanière, l'antre d'un scientifique génial, paranoïaque et sans scrupules.

Croyaient-ils vraiment qu'il n'avait pas déjà prévu la venu de nettoyeurs ?

Sans bruit il se dirigea dans sa cuisine. Il y avait des seringues accrochées au mur. Il ne pouvait les voir, mais il connaissait par cœur leur emplacement. Malgré sa teneur d’alcool dans le sang, il faisait preuve d’une réflexion poussée. Elles avaient chacune leur rôle. Il devait prendre la mesure d’urgence. Avec de la lumière il l’aurait vu bleu pâle. Il la décrocha et revint près de l’intrus, à son insu, dirigé par un sens inconnu de tous. Toujours sans bruit et sans chute, il arriva dans son dos. Et l’aiguille se faufila dans la chair palpitante du visiteur. Elle toucha du premier coup une artère. Ce miracle n'étonna pas Matthew. Il ne commettait jamais d'erreur. Il repartit en arrière pour éviter une réaction violente et inattendue qui pourrait le toucher.

" Tu es condamné.

- Quoi…Que m’as-tu injecté ?

- Mélange fait maison, concentration deux molaires." Puis Matthew énuméra d’une voix rapide les conséquences. "Paralysie des voies respiratoires dans une dizaine de seconde, selon mes estimations. Suivit d’une paralysie générale. Tu mourras probablement étouffé, si ton cœur tient le coup jusque là.

- Comment…m’as-tu repéré ? Demanda-t-il dans un dernier souffle. "

Matthew ralluma le néon intact. Il lui lança " Un jour je me suis mis le doigt dans l’œil. Cela m’a fait mal, mais depuis je vois différemment. ".

L’anarchiste n’entendit pas. Il était déjà mort. Son cœur n’avait pas résisté au poison, mélange savant de cyanure et de curare. Matthew ne le savait pas. Et peu lui importait.

Il devait maintenant partir vite. Il était grillé. Il dépouilla rapidement les deux agresseurs de leurs effets. Il trouva douze crédits d’oxygène et trois d’eau qu’il téléchargea immédiatement sur son IMAC. C’était une denrée rare. Et désormais il ne pouvait plus compter sur son frère.

Il fallait d’abord se débarrasser des corps. Matthew possédait une termitière. Il en avait eu besoin pour calquer l’intelligence de ces bestioles sur ses nano-robots. Il y entreposa les cadavres. Personnes ne chercherait là, et ses petites amies auraient de quoi manger pour la semaine.

Il prit un sac à dos, y entreposa nourriture, sa trousse de médecine avec les deux autres seringues, ses fiches ADN, son IMAC et les utilitaires qui l’accompagnent, une besace de composant chimiques qui pourraient être utile, et enfin ses carnets de note. Il se vêtit d'une ceinture, et y pendit trois bonbonnes. Une verte, une bleu, une rouge. De quoi survivre…

De quoi vivre libre.

Maintenant que les Spatiotechs lui avait déclaré la guerre, il allait riposter. Avant tout il devait trouver celui qui menaçait la vie de son frère, et lui faire peur. Mais pour ça il devait rejoindre la rébellion. Pour le moment il manquait de données. Et la contre attaque commencerait. Ils apprendraient bientôt la terrible erreur d’avoir provoqué la colère d’un Dieu vivant. Son cerveau, longtemps endormis, se réveilla. Il se mit à échafaudé des plans. Beaucoup de plans.

Il se dirigea vers une connexion murale et y planta un câble de son IMAC. Il ne se considérait spécialement doué en informatique. Toutefois, il connaissait quelques trucs. Il déjoua la sécurité d'OCS – un bête firewall sur le flux de données, vraiment enfantin – et se brancha sur tous les hauts parleurs de la station.

'' Attention attention. Vous m'entendez tous ? Je m'appelle XX-1211 je pense. Je cherche à rejoindre la rébellion. Je vous rejoint dès que possible. En attendant pour tous les habitants de cette station je vais vous faire écouter un petit mp3 dont vous me direz des nouvelles.''

Il téléchargea ''The roof is on fire'' dans un emplacement protégé. Cela laissait une bonne minute avant que des modérateurs ne le virent. Il se déconnecta du mur et prit un masque à oxygène ainsi qu'une bonbonne. Il les attacha mais ne les utilisa pas encore. Il avait le temps et l'opportunité de ne pas l'utiliser... pour le moment.

Il salua une dernière fois sa maison, son foyer. Son passé et son présent.. Il devait s’en aller. Il ne pensait pas revenir. Son futur résidait autre part. Néanmoins, il espérait.
Par Medillen - Publié dans : Oubliés
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Mardi 7 avril 2009
Tableau macabre dans un entrepôt insalubre. L'atmosphère était lourde et poussiéreuse. Et terriblement sec. Un parfum de sang et d'iode était répandu dans toute la pièce. Cette odeur avait pour sources des grandes cuves. Au-dessus de ces dernières étaient fixés divers tuyaux et outils mécaniques ainsi qu'une plateforme en grillage rouillée.

 

C'était là que se passait toute la scène.

 

Au premier plan, un homme était plié en deux par terre. Il n'avait aucune blessure ouverte, bien qu'il était remplis de bleu. Derrière lui trois bourreau. Le premier le frappait sans relâche. Dans les côtes, dans l'estomac, au niveau du foie ou encore dans le dos. Tous les points qui faisaient mal sans tuer. En cela, on pouvait remarquer qu'il faisait très attention. Pas une seule goutte de sang ne coulait. Le deuxième bourreaux lui saisit le poignet et le tordit jusqu'à la limite de la rupture pendant que le troisième le tenait fermement, lui empêchant toute perspective de fuite. D'un certain point de vue, c'était une preuve de compassion. Même s'il essayait de s'échapper il n'avait aucune chance d'y arriver. Faire mourir cet espoir le plus tôt possible évitait des désillusions. Et puis de toute façon, fuir pour aller où ?

 

Le premier bourreau lui agrippa le menton et releva sa tête en face de la sienne. Il lui demanda avec une cruauté non dissimulée.

 

'' Est-ce que tu pense que ton poignet sera suffisant pour réparer l’erreur que tu as commise ? ''


L’homme tenta de se débattre mais la douleur le paralysait, il articulait des mots mais rien ne sortait de sa bouche. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il avait perdu l'usage de la parole au profit des cris de douleur. Les deux autres se mirent à ricaner. Les trois bourreaux portaient une combinaison de combat grise et noire de conception récente. Elle était presque aussi ergonomique et pratique que celle des forces de l’ordre spatiotechs à une principale exception : elle était dénué de la majorité de ses composantes électroniques.

 

'' Tu t'es opposé à notre maître. Tu t'es opposé à Morins. Pensais-tu réellement qu'il allait te laisser filer ? Non parce que tu devais bien te rendre compte que ton petit jeu n'allait pas passer inaperçu. Morins sait tout. Et il déteste les traitres comme toi.''

 

Cette absence technologie pouvait s’expliquer aisément si l'on regardait l’emblème gravé dans le dos des trois hommes : un dessin représentant un poing écrasant un écran. Le symbole de la lutte des Guerriers de la Vie. Il voulait redonner aux êtres humains leurs souverainetés, et abattre OCS. Celui qui se faisait tabasser était aussi l’un des leurs, un Gévé comme on les surnommait. Pas un soldat, contrairement à ses bourreaux, mais un dealer qui servait l’organisation de sa manière. En clair, il vendait de la dope au marché noir et récupérait des crédits eaux et oxygènes – ressources indispensables pour survivre. Naguère, il avait lui aussi possédé un uniforme. Cependant depuis quelques minutes il avait perdu tous les privilèges que celui-ci lui conférait normalement. Son bourreau sortit quelque chose de l’une de ses poches. Un petit objet cylindrique avec un holoécran jaune fluo. Le Gévé trifouilla quelques boutons dessus et une fine aiguille en sortit.


''Tu sais ce que c’est ça, non ? Je suppose qu'on t'en à déjà parlé mais que tu n'en a jamais vu de vrai.'' Demanda-t-il.


Un éclair de peur traversa le visage de l’homme. Son visage se crispa. Sa voix lui revint sous l'effet de la hausse d'adrénaline. Il tenta de bouger, bien qu'il était plaqué au sol et sans force. Des larmes coulèrent de ses yeux, rapidement aspiré par un petit tube que tenait en main celui qui lui avait tordu le bras. Pas question de gaspiller la moindre molécule d'eau.


''Non pas ça !


- Le Patron n’aime pas les ordinateurs mais il ne crache pas non plus sur la technologie quand elle peut s’avérer utile tu vois ? '' Il fit jouer le tube entre ses doigts. '' Un PNT, un psycho neurotransmetteur, il parait qu’il n’y en a qu’une vingtaine sur toute Utopia, le chef d’œuvre d’un de ces savant fou qui ont travaillé pour les Techs. C'est un peu le même principe que les neuropuces, à distance. Bien moins efficace toute de même...


- Pitié....


- Je crois que tu sais déjà à quoi ça sert, à la base c’était pour faire passer des informations basiques du système nerveux d’une personne à une interface sensorielle pour ceux dénué de l'implant. Un peu un modèle portable. En fait le rendement est exécrable donc pas moyen de l'utiliser correctement pour doper ses capacités intellectuelles de manières concluantes. Mais bon moi tout ce que je vais te transmettre c’est une douleur qui te fera oublier ton poignet. Et le restant de ton corps aussi par la même occasion.''


Au deuxième plan, Kayden Morins se retourna. Il en avait assez vu pour l’instant non pas qu’il soit dégoûté, bien au contraire mais le traître avait eu son compte. Il allait sûrement souffrir encore un peu puis ses Gévés lui passeraient une vibrolame en travers de la gorge, en faisant bien attention à récupérer la moindre goutte de sang pour extirper la moindre molécule d'eau de son corps. Ils avaient un rituel plutôt développé pour cela. Après quoi, il exposerait le restant quelque part pour montrer ce qui en coûtait de s'opposer à lui. Il dit à voix haute à l'intention de ses braves serviteurs.

 

''Pitié ? Kayden Morins ne connait pas la pitié. Uniquement la victoire. La mort sera la seule compagne des traitres.''


Il marcha en direction d'une femme qui se tenait à l'écart de la scène principale. Ce qui lui apportait le plus de satisfaction c’était le comportement de ses Gévés. Comme ils savaient qu’il les regardait ils faisaient du zèle. Ils infligeaient au pauvre dealer toutes les souffrances qu’ils ne voulaient pas que Kayden leur cause. Leur comportement était le reflet de ce qu'ils voulaient éviter pour eux-même. L'être humain était une créature lâche, et sa peur engendrait la haine et la destruction de son prochain. C’était la seule chose qu’il savait, car lui aussi il avait peur, une peur tellement féroce qu’il était devenu l’un des homme les plus cruels de la station. Non, le plus cruel certainement. OCS ne comptait pas.


Kayden s’adossa à une des rambardes du toit, à côté de la jeune femme qui observait de loin la torture. Elle était comme fascinée, bien qu'elle tremblait légèrement. C'était l'effet attendu de ceux qui observaient la scène. Il eut un petit sourire au coin de son visage, tirant sur une cicatrice qui s'étirait de la commissure de sa lèvre jusqu'à son œil. Il contempla le module 125, autrefois une biosphère expérimentale, dorénavant le quartier général des Guerriers de la Vie. Les arbres étaient morts bien avant qu’ils ne s’installent à cause de la crise de l’oxygène mais il subsistait une herbe vivace et quelques buissons, sûrement génétiquement modifiés pour survivre dans ces conditions extrêmes. Et trônant aux milieux du compartiment, l’ancien laboratoire de la biosphère qui avait été aménagé pour accueillir le QG de l’organisation.

 

Ils avaient désactivé manuellement toutes les connexions réseau qu’ils avaient pu, supprimé tous les senseurs qu’ils avaient trouvé mais la menace restait omniprésente. C’était comme une chape de plomb posée sur leurs têtes, un œil invisible qui posait sur eux un regard condescendant. ‘Vous ne pouvez rien contre moi’ disait-il et Kayden sentait presque l'acier de cette épée de Damoclès sur sa nuque, prêt à en finir avec sa vie.


Il était là, son ennemi et il le narguait car il avait le droit de vie et de mort sur eux à tout instant. Comme il avait eu le droit de condamner les habitants du compartiment 253. Cinquante morts par asphyxie lente, un seul survivant, c’était lui Kayden Morins.


Cela remontait à tellement longtemps qu’il avait parfois l’impression que c’était dans une autre vie, ou dans un rêve. Cependant cet événement n’avait été que l’élément déclencheur, la révélation qui avait fait éclore la graine de rébellion qu'il gardait en son sein depuis longtemps. Kayden faisait partie des premiers enfants qui avaient été envoyé sur Utopia. Il n'avait jamais réussit à aimer la station orbitale.


Dans le cadre d’un programme obscur dont il avait oublié le nom il avait subit toute sorte d’expériences plus ou moins traumatisantes destinées à lui permettre de supporter le voyage dans l’espace. Ces parents étaient originaires d’un pays qui s’appelait encore Canada à cette époque, des doux rêveurs. Des idéalistes qui avaient cru au rêve d’Utopia et y avait entraîné leur fils unique. C’était bien la seule chose qu’ils ne lui avaient jamais demandée d’ailleurs.


L’espace avait été une expérience à la fois transcendante et terrifiante pour un gamin de quatorze ans. Surtout qu’à l’époque Utopia était encore au stade expérimental. Mais peu à peu les choses qui semblaient extraordinaires devinrent banales, il apprit à se déplacer en apesanteur, à s’habituer au goût de l’air artificiel et à la vue de la Terre. Quand ses parents s’installèrent dans le module 253 c’est là qu’il commença à former sa ‘bande’. Il voulait faire quelque chose de différent des autres gamins, et rapidement sa taille et sa musculature hors norme le posèrent en tant que chef incontesté. A l'instar des bêtes sauvages, les enfants élisent toujours le plus fort des leurs pour leader.


Ce module était une sorte de camp hippie futuriste, il regroupait des personnes qui n’avaient aucune connaissance scientifique ou technique particulière et qui voulait juste profiter de la station dans un esprit libertaire. Beaucoup critiquaient les décisions des dirigeants et méprisaient les spatiotechs et la vénération qu’ils portaient à leur super ordinateur, sans toutefois apporter de proposition d'amélioration ni même de critique constructives. Des parasites, des vrais. Jamais content et toujours leurs mots à dire, leurs philosophies à débattre. Mais le futur chef des Gévés s’en foutait, sans aucune contrainte il commença à développer un petit gang.


Au début il s’agissait juste de racket et de trafic de logiciels mais peu à peu ils revendirent la drogue qu’ils volaient à certains des habitants du module – tout était facile d'accès dans ce paradis de haute technologie. Puis il en vint à tremper dans la prostitution et quand la situation se dégrada sur la station, dans le trafic d’armes. On pouvait se poser des questions sur la moralité des trois mille habitants de la station. Kayden avait déjà tiré les réponses. L'être humain était son propre prédateur.


Et le module 253 était sa planque, protégé par les pseudos rebelles qui l’habitaient et qui refusaient tout contrôle des spatiotechs. En fait, ils faisaient opposition à toute intervention de leurs parts, il ne s'agissait pas que de contrôle. Vint le début de la crise avec la fin des communications terrestres. Il n’en saisit pas l’importance assez rapidement, le fou qu’il était. Il pensait au contraire que ça allait faire marcher son affaire. Ce fut sans méfiance que Kayden contempla ses pairs du module 253 se rebeller contre OCS. Ce fut impuissant qu’il sentit de son propre corps l’oxygène se tarir.


Le dealer vit tous les gens avec lesquels il avait grandit tomber les uns après les autres. Il n’avait aucun respect pour eux, c’étaient juste une bande d’idiots aux cerveaux ravagés par les drogues ou les idéaux meilleurs. Ce qui était grave, c’était que son monde s’écroulait, juste parce qu’un tas de transistors en avait décidé ainsi. Il frôla la mort. Heureusement il avait dans sa planque une réserve d’oxygène terrestre qu’il revendait au prix fort aux plus riches, une drogue aux vertus hilarantes lorsqu'on l'inhalait trop longtemps. Quelques rares clients. Il oublia un instant tout son commerce frauduleux et y puisa de quoi rester en vie.


Comment il avait pu sortir de cet enfer il ne s’en souvenait plus précisément. Il se rappelait juste de la peur de mourir, de la sensation affreuse du vide, des robots de combats qui étaient venu achever les derniers survivants. Alors que la foule rassemblée aux portes du compartiment se faisait endormir par les mirages que leur déversait OCS. Il surgit alors devant eux, lui l’erreur tellement humaine que OCS n’avait pas réussit à éliminer. Plus tenace qu'un cloporte, et tout aussi propre. Il défia alors l’ordinateur par des mots qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire.

 

''Tu n’as pas réussi à m’éliminer.'' Avait-il crié haut et fort. '' Mais moi je réussirais ! ''


Les choses s’étaient alors enchaînées très vite. Il avait fuit des mois, poursuivit par des droïdes et des nettoyeurs, de refuges en refuges. Une vie nomade au début, avant qu'il ne commence à se trouver des bonnes cachettes. Sans qu’il s’en rende compte les Guerrier de la Vie se formèrent autour de lui. Des gens qui avaient abandonné tout espoir en apprenant la crise de l’oxygène et qui portaient la même haine envers celui que tout le monde désignait comme le responsable. OCS. Il ne lui fallut pas longtemps pour reformer son organisation, pour l’armer et la préparer au combat. Il développa des bases coupées des réseaux de la Haute Intelligence Artificielle. Et ce fut la guerre. L’ordinateur était un ennemi implacable et tout puissant, il avait le génie des spatiotechs avec lui et surtout la station était une partie de lui.


Mais Kayden ne renonça pas. Il avait la puissance de centaines d’hommes désespérés avec lui, la force de toute cette haine dont il était lui-même envahit. Il avait un objectif auquel il ne renoncerait pas, loin des futilités qui avait jadis occupé sa vie. Peu lui importait si ces actions causaient la mort parmi les autres habitants d’Utopia. Il tuait tout ceux qui lui affirmaient que OCS était leur seul moyen de retourner sur Terre. La Terre ? Il l’avait déjà oubliée car sa vie était ici entre ces quatre murs de métal qui le séparait du vide de l'espace.


Un an s’était écoulé depuis le massacre du module 253 et la chance était de son côté. Les emmerdeurs des Forces de la Liberté – une organisation rivale aux convictions différentes - perdaient du terrain et il avait réussi plusieurs coups d’éclat. Comme la destruction d’une des stations d’alimentation de l’Ordinateur. Il sentait qu’il commençait à introduire la peur dans les circuits de son ennemi.


Cela rendait la tâche d'autant plus compliquée, il avait l’impression que OCS devenait presque paranoïaque. S’il n’y avait pas encore quelques spatiotechs à le contrôler, la moitié des compartiments auraient été privés d’oxygène. Et il manquait une arme à Kayden. Il fallait qu’il attaque OCS sur son propre terrain, l’informatique.


Malheureusement il ne possédait aucune connaissance dans le domaine et très peu de ses guerriers pouvaient rivaliser ne serait-ce qu’avec le plus idiot des spatiotechs. Il fallait avouer que ceux-ci possédaient un atout non négligeable : les implants cérébraux, ou neuropuces.


Quiconque en possédait pouvait dialoguer instantanément avec n’importe quelle interface informatique, d’un système de ventilation à OCS lui-même. Seulement installer ces puces dans un cerveau était une opération ultra délicate que seul les spatiotechs maîtrisaient. Kayden se retourna et regarda la femme qui se tenait silencieuse à ses côtés. Il chercha quelque chose dans les poches intérieures de son long manteau marron et en sortit un calepin électronique. Il l’alluma et apparut alors la photo d’un homme blond au visage fatigué et au regard fou. Le type en question était hirsute, sale et mal rasé. Il portait un cache noir sur son œil gauche.

 

''Tu es sure de ce que tu avances Sajir ? ''


La jeune femme acquiesça silencieusement, ses cheveux bruns étaient coupés court et sa peau mâte ne reflétait qu’une intense concentration. La torture venait de finir, avec ses tremblements. Sajir passa une main dans sa chevelure et pivota pour faire face à son supérieur direct. Sa silhouette était à la fois féminine et athlétique. Parfois, le chef des Gévé hésitait à s'en faire son amante. Cela dit, il avait peur que cela n'affecte ses performances aussi laissa-t-il cela de côté. Il passa la main dans sa courte barbe et lut vite fait le rapport que lui avait fait sa chef du renseignement. Il y avait quelques informations qui l'attirèrent directement.


''Alors c’est vraiment lui qui a inventé les neuropuces. Il n'a pas l'air de vivre à la hauteur de ses créations. J'ai plus l'impression que c'est un bon vieux junkie qu'autre chose. Il ne serait pas un de nos clients des fois ?

 

- Mes sources chez les spatiotechs sont formelles. Et non, il n'a jamais eu de contact avec notre réseau.


- Alors il faut que je le rencontre.

 

- Personnellement vous voulez dire ? C'est une mauvaise idée !''


Elle retint sa respiration. Elle avait parlé trop vite. Elle n'aurait pas dut manquer de respect envers son supérieur. Elle sembla inquiète à cette idée elle passa nerveusement ses mains le long de son uniforme. Elle tenta de se rattraper.

 

''C’est que… Cet homme est un peu …en fait le terme antisocial est faible pour le décrire. Il serait plus proche de la sociopathie avec une pointe d'autisme. Il ne vit pas dans le même monde que nous. C'est un malade. On ne sait pas comment il pourrait réagir.''


Kayden fronça les sourcils, qu’est ce qu’elle tentait d’insinuer ? Qu’un vieux savant fou reclus dans son laboratoire miteux allait l’effrayer, lui le leader des Guerriers de la Vie, celui qui avait survécu à OCS ? Elle continua.


''Il est plutôt dur à rencontrer… Surtout depuis que sa tête a été mise à prix par les spatiotechs.''

 

C'était dans son rapport. Depuis moins d'une heure la nouvelle avait été répandu sur un site parallèle des nettoyeurs. Apparemment deux types avaient relevé le défi. Il devait agir vite. Ce serait trop bête de perdre un type de sa trempe.


''Alors dans ce cas il sera encore plus naturel que je le rencontre rapidement. Il faut envoyer une équipe le trouver et protéger... si ce n'est pas trop tard.'' Il lui attrapa le menton et la regarda droit dans ses yeux bleus métal. ''Ne dit ont pas que les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Alors arrange moi ça le plus vite possible, il n’y a plus de temps à perdre. Envoies nos meilleurs hommes. Et les plus sûrs. Je n'aimerais pas que ces idiots des Forces de la Liberté ne mettent la main sur lui avant nous. Et ne parlons pas des nettoyeurs.''

 

Il passa une nouvelle fois la main dans sa barbe. Il se demandait quel genre d'homme cela pouvait être. Après tout, la description de sa subordonnée pouvait tout aussi bien lui convenir à lui, le chef des Gévés.

 

'' Il faudra qu'on discute à deux de certaines... possibilités. Je suis certain qu'il me comprendra.''


Il se redressa de la rambarde et repartit en direction d'un escalier de fer. Il avait rendez vous avec ses producteurs de Happy Memory, la drogue la plus répandue dans la station.


''Kayden !'' Cria-t-elle. ''Il est dangereux !''


Kayden Morins se retourna, il pensa à ce qu’il pourrait accomplir si jamais il réussissait à convaincre ce Livingstone. Ses yeux brillèrent d’une lueur féroce.

 

''Ose affirmer qu’il est plus dangereux que moi !''

 

Un bruit venant d'un antique écran cathodique le coupa. C'était de la technologie primitive qui avait pour principal atout de faire office de réception sans faire d'émission. La perfection même dans son cas. On appelait ça une télévision dans le temps. Une véritable antiquité pré-imacienne. Les réceptions étaient rare toutefois. Il se demandait qui cela pouvait bien être.

 

''Chef, on a capté un signal de l'extérieur !

 

- J'avais comprit crétin monte le son.

 

- Bien, chef.''

 

Il s'installa accroupi devant le poste, bientôt rejoint par Sajir, les trois bourreaux et une vingtaine de gardes. D'autres personnes en habits de combats vinrent bientôt les rejoindre. Un type familier apparut sur l'écran. Un blond hirsute, sale, borgne et aux allures de fou.

 

'''... Je m'appelle XX-1211 je pense. Je cherche à rejoindre la rébellion. Je vous rejoint dès que possible. En attendant pour tous les habitants de cette station je vais vous faire écouter un petit mp3 dont vous me direz des nouvelles...

 

- Kayden, c'est Livingstone !

 

- Apparemment je dirais que les nettoyeurs l'ont trouvé avant nous – à leurs frais – s'il décampe déjà. Je ne savais pas qu'on pouvait hacker le système des hauts parleurs de toute la station aussi facilement.''

 

Il se tourna vers son expert technique qui haussa les épaules avant de sangloter qu'il n'y était jamais arrivé plus de quelques secondes. Cet... hippie était donc plutôt capable ? La barbe ne faisait pas le philosophe, disait le proverbe latin. Cela n'était pas impossible que Matthew fusse le créateur des neuropuces après tout.

 

Une musique suivit le petit discours. Une musique de haine et de violence, de bruit et de flammes. Pour tous, c'était la première fois depuis la prise de pouvoir d'OCS qu'ils pouvaient écouter de la musique. Ils eurent la larme à l'œil, ce qui ne collait pas du tout avec la musique rapidement coupée par des administrateurs. Les yeux du chef des Gévés pétillaient d'une lueur étrange. Il avait un sourire aux lèvres.

 

''Il me faut absolument ce type. Envoyer une équipe chez lui et à son lieu de travail. Questionner sa famille, ses amis, ses connaissances mais il me le faut.

 

- Il y a un problème, Kayden.

 

- Quoi encore ?

 

- Il vient de faire une déclaration de guerre à Utopia.

 

- Et alors ? Moi je l'ai bien faite il y a longtemps.

 

- Ce message a été diffusé dans tout Utopia, avec son visage. Ses mouvements seront traqués avec toutes les biomesures possibles et imaginables. Et il vient de prévenir l'ennemi qu'il comptait rejoindre la rébellion – soit nous soit les Forces de la Liberté. Dans tous les cas s'il nous trouve, des nettoyeurs le suivront pour nous exterminer. Voilà ce qu'il vient de faire.''

 

Kayden hurla de rire. Effectivement, c'était plutôt culotté de la part de ce Livingstone. Si ce doc' venait avec des nettoyeurs, il n'aurait qu'à l'abattre avant qu'on ne découvre sa position. C'était aussi facile que cela. Il devrait le savoir.

 

Il venait de déplacer ses pions. Il attendait de voir la réaction du fou avec impatience.

Par Medillen - Publié dans : Oubliés
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